RECHERCHE VOLONTAIRE EN SERVICE CIVIQUE

 

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La Friche Lamartine recherche un.e volontaire  en soutien à l’animation de la vie associative de la Friche Lamartine.

Pour prendre connaissance des missions proposées et des modalités à suivre pour postuler, consultez le document téléchargeable à ce lien ou dans la rubrique RESSOURCES.

ÉCHÉANCE POUR POSTULER : 06 JUIN 2017

 

 

MADEINMAI 2018

C’est quoi cette zone ?

« maman quand je serai grand, je veux être un professionnel du désordre »  lu à Nantes

J’ai la zone à défendre,  je suis un chien qui galope et qui rue, un pissenlit qui aime le bitume à en crever, un oiseau qui pépie la nuit, un poulain qui aboie, un édito qui s’enflamme. Je suis un migrant en Mercedes, un rappeur en jogging Lidl. J’ai la zone à défendre, les mal logés, les mal vêtus, les mal coiffés, les mal nourris, les mal lunés, les désargentés. Je suis le désordre  universel, un qui se ré-invente, un qui ne se trouve pas, ou plutôt nulle part.
Je n’ai pas de zone à défendre, juste un tout où vivre. Je ne vis pas en parcelles, en bribes, en morceaux, mais bien en vrac, sans contenant défini.
Je n’ai pas de zone à défendre. Je ne suis pas là pour me battre, pour disputer un territoire, mais pour me débattre, m’ébrouer, m’éprouver. Je suis là et je suis juste là.
J’ai une zone à fendre, des frontières à faire péter, des limites à exploser, de sales questions à poser.
Je n’ai pas de lieu propre. Je suis impropre au zonage.
Je suis un zonard, où je suis, c’est ma zone, et c’est aussi la tienne. Ma zone n’a pas de clôture, pas de seuil, pas de limite de seuil.
Zone d’influence, zone frontalière, zone industrielle, zone de confinement, zone d’emploi, zone d’éducation prioritaire, zone d’intérêt faunistique, zoo-ne…les zones de ceux qui ont peur, de ceux qui cherchent à confiner, à endiguer, à ranger, à ordonner. Les perfides ateliers de concentration.
Je suis la zone, la zone qui déborde, la zone en crue, bouillonnante, ravageuse, brouillonne, je ne m’en défends pas.

Louis Cahu.

[ Les éditos de MadeInLamartine sont chaque fois rédigés par des plumes différentes, ce sont des interprétations subjectives d’usagers de la Friche Lamartine. ]

MADEINAVRIL 2018

Image de printemps

Issues de Lamartine étaient jusqu’alors des œuvres humaines, que ce soient des morceaux de musique, des textes chantés ou parlés, des pièces de tissu, des images peintes ou mouvantes, des pots de terre, des sculptures, aussi bien de poubelles qui débordent, des conversations agacées, des fêtes endiablées, des décisions si-rieuses, de ces tout petits riens qui composent la trame vivante du récit de ce lieu, vibrant paquebot au sein duquel des gens se cherchent une destination, commune, ou non, et qui les laissent parfois épuisés, mais sereins et solides en leurs errances. Un présent, à tous les sens du terme. Dur à vivre, tout comme l’amour, mais enviable, parce qu’inconnu, tout comme l’amour. A construire, à démolir, à reconstruire, mieux instruits, peut-être, sans cesse, et sans espoir de répit, jamais. Vivants !

Inquiets, nous voici à, non pas imaginer, rêver, voler, aboyer, mordre, chanter, gueuler, danser, pleurer, mais enfermer, exorciser le demain. Maintenant qu’est connue la destination finale, un point de chute pérenne où poser, se poser ; arrêt total, stop : on ne déconne plus, nom de Dieu ! Qu’émerge enfin le Surlamartinien digne, le frichard abouti, épuré, rincé, alchimie suprême du self-named artiste labellisé Ville de Lyon. L’adhérent du futur, celui qui colle à la friche. Certifié con/forme. Élaboré scientifiquement suite à enquête d’opinion, questionnaire mortifiant, soumis à réponses obligatoires, astérisques sans périls.

Incultes, c’est à dire en friche, en vrac. Là où tout peut croître, peut vouloir pousser. Nous pouvons prétendre à cet être là. Sans avenir, sans perspective et surtout sans projet. Immédiats, incoercibles, sensibles et fragiles jusqu’à la catastrophe, avides de la frôler, sans garde-fous. De nos seules folies peut prospérer un vivre ensemble qui nous inclut tous, nous, nos questions, nos maladresses et nos talents.

Inquestionnables, parce qu’il est hors de question de jamais savoir qui nous serons demain, confiants dans notre désir de courir au devant de ce vide. Déraisonnables et déterminés à le rester. La friche est, elle est une terre ouverte, une histoire à écrire, un tableau à peindre, un film ou une cruche à tourner, un spectacle inattendu à donner et d’autres choses que nous ne savons pas, que nous ne saurons jamais. Qu’elle soit, qu’elle rie, qu’elle pleure, qu’elle éclabousse et que ça nous mouille, nous trempe jusqu’aux os. Encore et encore.

Louis Cahu.

[ Les éditos de MadeInLamartine sont chaque fois rédigés par des plumes différentes, ce sont des interprétations subjectives d’usagers de la Friche Lamartine. ]