MADEINOCTOBRE

IL Y A QUI

Il y a qui s’est réuni autour d’une braise, a soufflé.
Il y a qui est venu s’entasser autour du feu.
Il y a qui sont devenus nombreux.
Il y a qui peint et sent la térébenthine, il y a qui déplace du matériel et prend de la place et il y a qui trompette.
Ça se bouscule, grogne, rue dans les brancards et cloisonne.

Il y a qui est curieux et écoute pour se nourrir, il y a qui doute et demande conseil, il y a qui apporte sa pierre à l’édifice.
Ça se frictionne, se solidarise, se découvre et laisse sa porte ouverte.

Il y a qui connaît d’autres feux là-bas, il y a qui trouve qu’il raconte mal et réinterprète, il y a qui veut aller voir et ramène une nouvelle braise.
Il y a même une fois qui s’est fait viré d’un feu et s’inquiète, il y a qui veut orchestrer et se fait rabrouer, il y a qui s’en fout et va chercher une bûche.
Ça raconte, débat, milite et étincelle.

Il y a toujours qui n’a pas la bonne place, qui se fait enfumer, qui s’est brûlé d’avoir trop soufflé.
Ça se déplace, s’en va, accueille et réorganise.
Les ombres dansent près du feu.
Les marchands de chauffage électrique regardent et froncent les sourcils. Ils ne dansent pas, ils sont assis devant leur chauffage électrique et ne comprennent pas ce charivari qui ne rentre pas dans les cases du marché qu’ils avaient pourtant si bien calculé.

Maud Lechevallier