ZOOM SUR LE 3EME FORUM DES LII 

La Friche Lamartine se reconnaît dans la charte de la Coordination Nationale des Lieux Intermédiaires et Indépendants (consultable sur le site de la CNLII) et à ce titre, avait co-organisée en 2016 la 2e édition du Forum des Lieux Intermédiaires et Indépendants (synthèse consultable sur le site d’ARTfactories/autre(s)pARTs) à Lyon.

La 3e édition du Forum se monte, 3 ans après, en Bretagne les 19 et 20 juin prochains.

Nous saisirons cette occasion pour nous confronter à d’autres expériences autour de problématiques liées à nos manières de construire des espaces sociaux d’expérimentation artistique.

Et, nous invitons l’ensemble des acteurs intéressés à en faire de même pour continuer à faire valoir ces spécificités sur nos territoires.

Le programme de cette 3e édition est aujourd’hui en construction. Il s’élabore depuis les lieux, lors d’ateliers de travail montés en région. + d’infos sur les réunions de préparation du contenu : http://cnlii.org/category/forum-2019/

 

Infos contacts :

Contact : forum2019@cnlii.org

Évènements : https://www.facebook.com/events/2179056652191847/

MADEINAVRIL 2019

Comment peut-on être Lamartinien.e à Lyon (69) au XXIème siècle ?

Plusieurs réponses peuvent-être apportées, la plus évidente consiste à être un.e fervent.e lecteur.trice du poète Alphonse de Lamartine (1790-1848). Mais ici évidence ne rime pas avec fréquence.

L’autre réponse consiste à fréquenter la friche Lamartine référencée comme «lieu de recherches et de création artistique et culturel pluridisciplinaire ». La définition usuelle de « fréquenter » est : aller souvent dans un lieu où se déroule une activité, là artistique. Fréquenter c’est aussi avoir des relations habituelles avec quelqu’un, je cite notre ami commun G « un gars qui veut te fréquenter t’invite au restaurant, un gars qui veut coucher avec toi t’invite chez lui ». Que dire d’un gars qui t’invite à la friche Lamartine? Et ce gars est-il fréquentable ? G relaie-t-il des propos sexistes ?

Mais si fréquenter la friche Lamartine est une condition nécessaire pour être qualifiée de Lamartinien.e, reste à définir les relations qu’entretiennent ceux.celles-ci avec le lieu. Et surtout la notion de réciprocité (que m’apporte le lieu / qu’est-ce que j’apporte au lieu), comme dans…,comme dans ? Eh ben ? Comme dans l’amour.

Creusons.

Abandonnons le Larousse en ligne pour un détour par le  Musée des Confluences, Lyon (69). L’exposition sur les coléoptères nous renseigne utilement : le coléoptère adopte trois types d’interaction avec les autres organismes.

Le mutualisme est un type de relation dans lequel deux organismes, sans que rien ne les y oblige, s’associent pour essayer de tirer un bénéfice de cette association. Exemple, les coléoptères qui creusent des galeries dans l’écorce des arbres et y installent des champignons qui les aident à se nourrir du bois.

Le commensalisme est une forme de relations entre deux organismes d’espèces différentes où un organisme bénéficie de l’autre sans l’affecter. Un petit cloporte tout blanc (4mm de long genre Platyarthrus) vit ainsi dans des fourmilières creusées dans la terre et s’y nourrit des boulettes de nettoyage et des déjections. Il agit donc comme un nettoyeur des fourmilières sans y être inféodé.

Enfin le parasitisme est une relation inégale : une interaction durable avec un hôte, contrairement à la prédation au cours de laquelle l’interaction ne dure guère que le temps de la capture et de la digestion. Cela dit, d’un point de vue évolutif, on peut dire que la prédation n’est qu’une forme extrême de parasitisme. Il existe des parasites tuant lentement leur hôte. Pas besoin d’exemple.

Reste à savoir comment ces trois formes de relation migrent car il ne s’agit bientôt plus d’être Lamartinien.e (c’est-à-dire de fréquenter le 28 rue Lamartine dans le 3ème arrondissement de Lyon, 69) mais de devenir Lamartinien.e dans les rue Tissot, Pionchon et Ronfard (et ce dès juillet 2019 !). Peut-on continuer à être Lamartinien.e sans lire Lamartine, sans fréquenter la Friche rue Lamartine, sans être dans une relation mutualiste avec l’association Lamartine (déclaration au JO le 25 septembre 2010) ? Serons-nous contraint.e.s de devenir des Tissotien.ne.s, des Pionchons ou des Pionchonnes, des Ronfardistes ? Comment interagirons-nous quand nous fréquenterons ces nouveaux espaces ? Quels seront nos échanges quand nous n’aurons plus le déménagement comme quasi unique sujet de discussion, cogitation et mobilisation ? Notre salariée sera-t-elle au chômage quand nous aurons emménagé ? Sera-t-on plus créatif une fois installé ? Survivra-t-on dans d’autres murs, plus blancs, plus propres, aux normes de sécurité ad hoc, insonorisés ? S’entendra-t-on ?

Isabelle Paquet / Chiloé

[ Les éditos de MadeInLamartine sont chaque fois rédigés par des plumes différentes, ce sont des interprétations subjectives d’usagers de la Friche Lamartine. ]

Photo : La Robinetterie, l’un des deux lieux dans lesquels le collectif Lamartine emménagera au cours de l’été 2019

MADEINFEVRIER 2019

Les frichards naissent libres et sans égo. Tout frichard est donc capable de rédiger un édito. Dans un souci permanent de parité, on écrira :
Les frichardes naissent libres et sans égo. Toute fricharde est donc capable d’engendrer un édito.
Ceci est un édito, pondu par un frichard, et non une fricharde, qui tente de rendre compte le plus simplement possible de la multidiversité des débats qui agitent la friche et la martine.

La friche est un porte-action de la martine municipale.
Par mer calme, on pratique couramment la poésie à bord de ce porte-action. On fait alors rimer usage avec phasage et se frotter convention et squatt.

Des personnels investi/e/s guident les actions qui déboulent sur son pont au moyen de cartons brandis à bout de bras de couleur soit verte, soit rouge afin de les mener vers, au choix, des voies de garage, ou directement à la baille.
On y pratique ainsi communément le sacrifice. Le sacrificaction ou la sacrificaction, toujours dans un souci de parité. Souvent le vendredi, jour saint (référence à la religion, ou néolibéralisme, ou mondialisation, ou mutualisation, comme on dit aujourd’hui).

Ce porte-action évolue dans un monde plutopluripolaire. La dernière circumnavigation du porte-action a permis d’en identifier 10, oui, je dis bien dix (en chiffres, ça fait plus crédible, surtout auprès des élus. Ne surtout jamais les oublier !)  Ces pôles manquent parfois de distinction, leur rayon de projection se situe selon les cas entre 68 et 316 degrés au mieux. Ce qui fait que l’on peut facilement naviguer de l’un à l’autre.
Un porte-action peut-être par nature fortement ballotté. Suite à divers épisodes historiques, on a pu constater grossomerdo quatre niveaux d’adhésion à la surface de son pont, que l’on caractérise désormais ainsi : colle blanche d’écolier du primaire, en pot avec sa petite spatule (repositionnable, donc fugace, 1 euro),  colle scotch en tube (plus adhésive, s’évapore néanmoins assez vite, 5 euros), colle néoprène (à prise lente, mais oh combien durable, en promo 30 euros) et finalement superglue (30 euros également, dont on ne vantera jamais assez les vertus. Souvenez vous de ces publicités où l’on voyait une voiture collée par un ridicule petit plot à un crochet et soulevée par un hélicoptère. Quelle époque, mon Dieu. A ne pas oublier, lui non plus. Il est directement au dessus des élus. Les officiers (comment on dit ça au féminin ? La parité bordel !) du porte-action se recrutent naturellement parmi cette dernière catégorie.

Il/elles sont désormais sept, et non pas douze, comme les apôtres, qui se foutaient d’ailleurs bien de la parité, tout comme Dieu et ses élus. Qu’ils/elles sachent suivre les voix navigables. Parole de frichard.

Louis Cahu

[ Les éditos de MadeInLamartine sont chaque fois rédigés par des plumes différentes, ce sont des interprétations subjectives d’usagers de la Friche Lamartine. ]